Reportage effectué aux Abattoirs CARRE à Rolle avec la journaliste Jocelyne Laurent.

 

J'affectionne particulièrement ce reportage car il m'a permis de me rendre dans un endroit confidentiel et méconnu, l'abattoir, de me confronter à mes limites et de les dépasser. La difficulté a été de gérer cette limite et d'essayer de ne pas prendre parti pour les amateurs ou détracteurs de produits carnés.

 

Il est 06h30 du matin ce lundi 11 mai lorsque j'arrive aux abattoirs. Juste le temps de sortir mon matériel photos et de rentrer dans le local d'abattage des porcs. L'odeur est désagréable, il y a du sang partout et j'entend régulièrement le cri des cochons qu'on éléctrocute. J'essaie de ravaler ma nausée et je me concentre un maximum pour garder mon sang froid et produire les images les plus neutres possible. Je peux me cacher derrière mon appareil qui agit comme une cuirasse protectrice. Abattage, bain, découpe: je passe par tous les secteurs de production. J'en profite pour discuter avec les employés. Je parle aussi avec Frédéric Telfser, le vétérinaire présent ce jour-là,. Il est en plein contrôle des vicères. Il me rassure en me disant que les animaux ne souffrent pas. Cette valse dure jusqu'à 08h45. On nous invite à prendre un café et un sandwich au jambon. Je ne peux rien avaler.

 

Il est maintenant 09h15 et je passe dans la salle d'à côté pour l'abattage d'un veau et d'une genisse. Je dois régulièrement sortir pour reprendre mes esprits tant l'odeur de corne brûlée est forte et celle des vicères encore fumantes, désagréable.

 

Je reste sur place jusqu'à 11h00.

 

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copyright Cédric Sandoz photographe